Trouver son hôtel la nuit à Datong


29/10.
Notre arrivée à Datong par le train ressemblait furieusement à celle de Beijing. Une banlieue gigantesque avec des tours d’habitation de 30 étages qui pullulent à l’horizon. Ca y est, on est déjà blasé ! Bien sûr par rapport à la capitale, Datong est une petite ville………… de 1,1 millions d’habitants, donc plutôt une bourgade pour les services démographiques chinois, on est la limite du “lieu-dit“ !



En descendant du train, on se fait alpaguer par un homme que j’ai d’abord pris pour un chauffeur de taxi. Sauf que son anglais était plus que correct, ce qui est plutôt rare pour un taxi, surtout dans cette “campagne“ ! Je m’apprêtai à l’envoyer bouler et même à m’énerver vu son insistance. C’est à ce moment qu’il me tend sa carte et qu’il se présente comme étant Mr Gao de l’agence China International Travel Service (CITS). Il s’agit de l’agence qui figure dans le Lonely Planet et qu’Adèle et moi apprêtions justement à aller voir pour connaître les excursions possibles. Vu qu’on a déjà lu l’existence d’arnaques avec d’habiles usurpateurs qui se font passer pour des agences reconnues des guides, c’est avec une grande méfiance que nous suivons ce Mr Gao qui semblait faire le guet de tous les trains provenant de Beijing pour repérer tout ce qui pouvait avoir une tête d’occidental ! Le Lonely indiquait que l’agence CITS se situait juste à coté de la gare et avant notre départ j’avais repéré les lieux sur Google Maps. Notre Mr Gao nous conduisait effectivement dans la bonne direction et déjà on pouvait lire l’enseigne de l’agence. Mais bon, si le gars est suffisamment malin pour se faire passer pour une agence réputée, il a peut-être aussi une fausse enseigne !! On rentre dans une impasse, ce qui pourrait inquiéter mais celle-ci nous a vite rassurés car elle menait à 2 arrière-cours dont l’une est le poste de police et l’autre, un hôtel également cité dans le guide. Bon à ce niveau si c’est un usurpateur, il est super fort, je dis « chapeau » et je le laisserai même m’arnaquer !!

Ma méfiance naturelle tomba peu à peu et notre Mr Gao nous fit prendre place dans une salle avec 2 bureaux antédiluviens placés au centre face à face, entourés d’une bonne vingtaine d’énormes fauteuils en cuir, tellement grand qu’Adèle et moi pouvions nous asseoir dans un seul ! A Datong, à part le centre historique de la ville, on ne voulait faire que 2 excursions : les grottes de Yungang et le monastère suspendu. Le Lonely parlait de visites à partir de 100 yuans, soit 12 €, incluant uniquement le transport. Le prix me semblait faible vu les km à parcourir et je m’attendais à une très mauvaise surprise lorsque notre nouvel ami nous proposait justement les 2 excursions désirées, regroupées en plus sur la même journée. Que nenni, 100 yuans pile poil et pas 1 Yi Jiao de plus (le cent chinois) ! Le rendez-vous est pris pour demain 9h et l’affaire conclue, Mr Gao se propose même de nous accompagner au bus qui mène à notre hôtel car ça tombe bien, c’est sa ligne pour rentrer chez lui !

Après une dizaine d’arrêts, le bus nous lâche devant un reseller Apple et sur les conseils de Mr Gao nous traversons le boulevard, l’hôtel est sensé se trouver à la perpendiculaire de l’autre coté de l’arrêt de bus. La nuit est désormais tombée et une fois sur l’autre trottoir, on ne distingue aucune rue partant dans la direction indiquée. On remonte un peu l’avenue et sur notre droite il n’y a que des terrains vagues et des palissades de chantier. Sur mon iPhone, j’avais le nom et l’adresse de l’hôtel avec la traduction en chinois. Je me risque à interroger un marchand ambulant de téléphones portables de troisième main qui nous fait signe de remonter encore un peu et de prendre une rue à droite. On s’exécute et on arrive à un parking en terre battue et au fond on peut deviner une ruelle longeant une palissade en métal et un mur de baraques de chantier empilées les une sur les autres tel un Lego. Le chemin est dans le noir quasi complet à peine éclairé par les néons fatigués de deux magasins d’électroménagers faisant face à la palissade. On redemande notre chemin à une femme patientant sur le parking et sur ses conseils, on s’engage dans la ruelle. Il fait de plus en plus noir et on commence à fatiguer avec nos sacs sur le dos.

L’inquiétude nous gagne peu à peu car la rue s’arrête devant un dernier magasin dont l’enseigne lumineuse n’est autre qu’une pomme bien connue (décidemment) et je me demande comment Apple a pu donner une licence à un magasin implanté dans un tel trou !! Stoppés par les remblais de terre et le noir complet devant nous, je décida de rentrer dans l’ersatz d’Apple Store pour une nouvelle fois demander notre route. La vendeuse qui ne parlait évidemment pas un mot d’anglais me conseilla de toujours continuer dans la même direction. Ce qu’on a fait mais c’est à ce moment qu’Adèle a sorti sa lampe et que je me guidai avec la LED de l’iPhone. On a passé les tas de terre, on a traversé une route déserte qui semblait neuve mais couverte de boue, on a parcouru un terrain vague où l’on s’enfonçait allégrement dans le sol pour nous diriger vers les lumières les plus proches. Un parking en terre battue plus tard, on rentrait dans une ruelle de maisons à moitié en ruine ou en-cours de démolition et ce toujours dans le noir le plus complet. Nous commencions à nous rassurer lorsque nous croisâmes des gens avec des sacs de courses et qu’au loin les premiers lampadaires faisaient à nouveau leur apparition. Pendant des minutes qui semblaient interminables, on longea un mur de briques de ce qui pourrait bien être l’enceinte d’un temple et enfin nous revenions à la civilisation on déboulant sur une large rue piétonne bordée de boutiques de fringues encore ouvertes.

Dans les commentaires de Booking à propos de l’auberge de jeunesse, Adèle avait lu qu’il fallait d’abord entrer dans un magasin de vêtements pour enfants !!! Guidés par l’intuition que nous étions enfin dans la bonne rue, nous nous sommes mis à la recherche d’un tel magasin. Sauf qu’il n’y en avait pas qu’un seul qui commercialisait ce type d’articles… Finalement après 300 m de lèche-vitrines imposé, on a enfin trouvé le Datong Youth Hostel.
En rentrant avec nos têtes d’occidentaux et nos sacs sur le dos, le tôlier de la boutique nous a immédiatement indiqué du doigt l’escalier pour arriver jusqu’à la réception, enfin !!!

On s’installe dans notre chambre, plus grande que celle à Beijing mais dont la baie vitrée donne sur la rue piétonne où juste en face, le haut-parleur d’un bar crache le dernier single de Psy. Pas grave, les Chinois se couchant tôt, la musique se sera probablement arrêtée après notre retour de dîner... On rassemble le reste d’énergie pour se mettre en quête d’un restaurant pas trop loin. Facile dans une rue commerçante, pensa-t-on. Et bien quedal, les uns à côté des autres, on n’a trouvé que des magasins de fringues, un gag ! Après le cauchemar pour trouver l’hôtel, le cauchemar pour trouver à manger ! Il y avait bien quelques vendeurs dans des ruelles parallèles mais la faiblesse de l’éclairage public n’encourageait pas à tester leur nourriture. La municipalité semble résolument fâchée avec l’éclairage de ses rues ou alors est-elle très économe en énergie ???

Au bout de la rue piétonne, on débouchait sur un boulevard, au fond duquel on pouvait distinguer l’enseigne d’un Mc Do mais on s’était promis de ne pas céder à la tentation… On traverse la voie pour enfin trouver 200 m plus loin des restaurants typiques.

Comme d’habitude, on fait un premier repérage des établissements les plus fréquentés et avec des menus disponibles à l’extérieur. Mais aucun n’a de carte et il n’y a pas vraiment foule. Lassés, nous rentrons dans celui qui nous semble le plus correct même si derrière la vitrine il n’y a que 3 pelés et un bonze. On déboule devant un comptoir et une hôtesse très souriante nous invite à la suivre mais pas du tout dans la direction de la salle qu’on distinguait du trottoir ! On emprunte un large escalier qui nous mène au sous-sol et on découvre une salle gigantesque largement mieux décorée que le rez-de-chaussée et dont la quasi-totalité des tables est occupée par des locaux. Après que tout le resto nous ait dévisagé, on nous installa à table pour essayer de nous expliquer le concept de la maison. En fait, sa spécialité est la fondue et comme à Beijing, il faut choisir son bouillon, sa viande, ses légumes et ses accompagnements. Comme il n’y avait pas de photo sur le menu, une gentille serveuse nous a conseillé sur ce qu’il fallait choisir et nous as pris par la main jusqu’au buffet où l’on pouvait choisir sauces et condiments. Le tout avec la langue des signes car elle ne parlait évidemment pas un mot d’anglais à part “good“ et “hot“.

On a passé un très bon moment, on a mangé comme des chancres tout en se régalant les papilles, on a été servi comme des dieux et ce, pour le prix de 2 menus maxi Best Of en France. La rencontre avec Mr Gao à la gare, la quête de notre hôtel ou de notre resto nous ont amené à la constatation qu’il fallait (parfois) ne pas se fier aux apparences. Bien sûr, on peut toujours avoir de mauvaises surprises mais il faut aussi se laisser surprendre et autoriser son instinct à guider ses choix.


De retour à l’auberge de jeunesse, le magasin de vêtements pour enfant avait débarrassé la totalité de ses articles et la boutique ressemblait à un simple couloir avec des murs blancs sur lesquels des réglettes d’étagères étaient fixées. On a alors compris que le gérant devait vider son étalage tous les soirs pour le remettre tous les matins. Quelle idée d’avoir installé un hôtel au 1er ou quelle idée d’avoir ouvert un magasin au RDC !! C’est ça la Chine et surtout quand tu constates avec tes yeux d’occidentaux quelque chose d’ahurissant, ne demande jamais pourquoi ? C’est comme ça…

Le bar n’avait toujours pas cessé sa musique, elle nous semblait même plus forte ! Mais une fois dans la chambre, rincés de notre journée et malgré les choix discutables de la playlist, nous avons trouvé le sommeil très rapidement…

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