A Oulan-Bator, ça caille et c’est un beau bordel


21/10.
L’arrivée a été aussi rude qu’on l’imaginait. Dès la descente du train à 6h du matin, le froid glacial et le vent nous ont vite réveillés. En montant dans le minibus de notre chauffeur, le thermomètre indiquait -11° et à priori il ne fallait pas s’attendre à mieux qu’un -5° dans la journée. C’est ballot car justement le programme de la journée prévoit une visite de la ville… à pied !

Mais on a eu très vite l’occasion de se réchauffer car après avoir attendu 7 autres voyageurs (3 Américains, 2 Chinois et 2 Costaricains), le minibus nous a tous déposés dans un hôtel et plus précisément au spa de l’établissement pour nous permettre de prendre une bonne douche après ces 2 jours en train. Dans une grande pièce commune, il y avait un sauna et des bains chauds mais surtout une bonne dizaine de douches. Dans les vestiaires, je retrouvais les hommes du minibus qui comme moi ont éventré leur sac ou valise à la recherche de vêtements propres… et chauds. Il y avait également 2 Américains qui causaient avec un horrible accent nasillard et qui semblaient rompus à faire leur toilette dans des endroits improvisés !

Après une douche d’au moins 20 min, je me suis équipé en mettant toutes les couches disponibles : sous-vêtements techniques haut et bas, pantalon, pull, polaire et veste coupe-vent. Avec la capuche serrée sur la tête pour protéger les oreilles, l’ensemble s’est révélé assez efficace et je regrette juste de ne pas avoir eu de bons gants. On en avait acheté à Ekaterinbourg mais des simples, en laine, pas suffisant mais c’est l’histoire de 4 jours car après la Mongolie, on devrait ne plus en avoir besoin.

Un petit-déjeuner nous attendait au RDC et on a ensuite pris la route. Enfin on a essayé ! Oulan-Bator est un gigantesque bordel en matière de circulation !! Il y a des embouteillages partout, dans toutes les rues et les locaux roulent n’importe comment, à la hussarde et à grands coups de klaxons. Les piétons ont intérêt à faire gaffe à leurs petons car ils sont loin d’être prioritaires dans cette ville où le 4x4 japonais avec gros pare-buffle est roi ! Les vélos sont inexistants et c’est sûrement mieux ainsi car la population cycliste enregistrerait un taux de mortalité record.

Après 30 min de bouchon, on a réussi à atteindre un mémorial en l’honneur de la collaboration russo-mongole. Une gigantesque fresque en mosaïque représentait les grandes victoires de l’histoire ainsi que des messages de paix et de fraternité entre les 2 pays. Le monument est sur les hauteurs de la ville et offre un point de vue imprenable sur………… la laideur de la ville !! Partout il y a des tours d’immeuble en construction et les conditions météo ne mettent pas en valeur le paysage. Oulan-Bator est une ville avec une urbanisation galopante, un eldorador pour des enfants de paysans qui abandonnent leur campagne pour mieux gagner leur vie et s’offrir une vraie maison, lassés de dormir sous la yourte familiale.

Plus tard en rejoignant le centre et la place principale où est posé l’imposant et rutilant bâtiment flambant neuf du gouvernement, on comprend que la ville n’a aucune règle d’urbanisme. De gigantesques gratte-ciels de verres de d’acier côtoient de vieux bâtiments décrépis datant de l’époque communiste. L’hyper centre est comme n’importe quelle grande ville, les boutiques de luxe ont monopolisé les grandes artères et les 4x4 Hummer et Lexus poussent les vieilles autos d’occasion « surkilométrées » importées du Japon avec leur conduite à droite.


En Mongolie et spécialement à UB (prononcez « youbi » à l’anglaise !), on aime le tunning et là aussi, il ne doit pas exister de règles bien établies. Outre les vitres fumées intégrales et les déflecteurs de vitres (comme mon Papa sur sa R20 dans les années 80), la grande mode est d’installer des feux supplémentaires à l’avant qui clignotent comme les ambulances ou les véhicules banalisés du FBI. Les épisodes des « Experts » et « Esprits Criminels » doivent aussi être diffusés dans le pays !

Les gens sont aussi contrastés que le parc automobile, la bourgeoise mongole sort de chez Vuitton et passe devant le cireur de chaussures qui s’est endormi sur son établi, ivre de fatigue ou en manque de client et ce en plein milieu du trottoir.

UB est en train d’exploser, la ville est un embouteillage géant et ultra-bruyant, l’air est nauséabond et pollué et la course au gratte-ciel le plus haut et le plus clinquant a débuté. Quelqu’un nous a dit qu’Oulan-Bator était la ville la plus moche qu’il n’ait jamais vu, je crois que je pourrai lui donner raison.

La ville n’a pas vraiment de grand intérêt touristique à part le monastère bouddhiste Gandantegchinlin de style tibétain que nous avons rejoint après 1h de marche dans l’air glacial et pollué, dans lequel se trouve une statue géante dorée de 20 tonnes et 26,5 m de haut. Notre guide a essayé de nous initier au rituel bouddhiste et nous l’avons suivie dans un parcours circulaire autour de la colossale statue qui consiste à faire tourner des centaines de cylindres dorés et gravés. Face à eux, il y a également près de 2000 icônes toutes différentes d’une trentaine de cm disposées dans une monumentale vitrine d’au moins 7 mètres de haut et qui occupe toute la largeur de deux côtés du temple. En plein parcours, certains pratiquants s’arrêtent pour se tourner vers l’une des icônes et faire une prière ou mettre de l’argent.

La dernière attraction en sortant du temple est de donner à manger des centaines de pigeons qui attendent sur la place. Et si vous n’avez rien pour eux, des vendeurs s’empresseront de vous vendre des sachets de graines ou de pains rassis.

En revenant et pour se réchauffer, nous sommes passés par un marché couvert uniquement fréquenté par des locaux. On a acheté une bouteille de vodka mongole à 8500 Tugrik les 50 cl, soit environ 3,70 € !! Faire ses courses du quotidien en Russie ne nous semblait déjà pas cher mais en Mongolie, c’est carrément donné !

En arrivant, j’ai retiré 300.000 Tugrik dans un DAB. Alors, au début, c’est assez curieux parce que tu as l’impression d’être le roi du pétrole car le nombre de zéro impressionne le touriste fraîchement débarqué ! Mais ramené en Euro, ça ne fait que 130 €. Et c’est exactement la somme que nous avons (difficilement) dépensé pendant ces 4 jours !!! Alors il est vrai que pendant 2 jours dans la yourte nous serons nourris, logés et blanchis (de neige) sans avoir à claquer le moindre billet à part pour les boissons. Mais à UB, avec 130 €, nous avons réussi à faire 2x les courses (dont 3 bouteilles de vodka et de la bouffe pour le train), à manger 2x au restaurant avec entrée, plat et une bouteille de vin australien, à boire 2 Bloody Mary et 2 Guiness dans un Irish Pub, à payer le minibar de l’hôtel et enfin, donner un pourliche à notre jeune guide !

Nous avons quitté UB pour nous rendre au mémorial de Gengis Khan situé à 60 km de la capitale. Pour les Mongols, le guerrier est un héros national et fait l’objet d’une grande fierté alors que pour nous, nos livres d’Histoire nous ont appris qu’il était un guerrier barbare et sanguinaire. Tout est une question de point de vue mais en terme de victoires militaires et de conquêtes, il faut reconnaître qu’il était le plus fort, en étendant son empire sur quasiment la moitié du globe !

La statue est à l’image de la bouillonnante capitale : neuve (achevée en 2010), gigantesque et clinquante. On découvre un Gengis Kahn assis sur son cheval, conquérant, regardant l’horizon vers ses prochaines conquêtes. On retrouve cette statue un peu partout en ville mais là, elle fait 40 m de haut, tout en métal chromé, posée sur un édifice circulaire qui renferme, outre les récits homériques du général, un musée de l’âge de bronze et………… la plus grande botte (mongole) du monde !! On ne sait pas trop ce que ça fait là mais cela reste impressionnant.

Un ascenseur nous mène 3 étages plus hauts et après encore quelques marches, on se retrouve sur la crinière du cheval du Kahn où l’on peut profiter d’une vue à 360° sur les steppes et les montagnes mongoles. Bonnet, capuche et gants obligatoires parce qu’à cette hauteur ça souffle froid, très froid et fort, très fort ! On peut également admirer de très (très) près le faciès conquérant du glorieux guerrier.


Il est enfin l’heure de reprendre notre minibus pour rejoindre notre campement où nous allons vivre une expérience inédite et très attendue, dormir sous une yourte…

2 commentaires:

  1. OK, je commence à comprendre le but de ce tour du monde.
    Vous avez décidez de devenir des alcooliques notoires et internationales !
    Je réserve la cure de désintox pour le retour dès maintenant ?
    Ton petit lapin ;-)

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