Wilderness


Yosemite, Sequioa, 8-9/9.
Dans nos têtes et certainement dans beaucoup d’autres, « Etats-Unis » a toujours été synonyme de « grands espaces ». Ce n’est jamais aussi vrai que lorsqu’on aborde les parcs nationaux !

Yosemite, Yellowstone, Vallée de la mort, on a déjà tous entendu ces noms et c’est évidemment ces destinations qu’on repère immédiatement sur la carte. Sauf qu’ils ne sont pas les uns à côté des autres (enfin pas toujours) et « grands espaces » est synonyme à son tour de « grandes distances »… très grandes !! Et si la “mini“ carte de notre guide semble permettre de faire des sauts de puce d’un parc à l’autre, il vaut mieux checker la distance entre chacun avec Google Maps !


Premier conseil : pour accéder aux parcs, résonnez en temps de trajet et non en miles ! Déjà parce que le changement d’unité de mesure chamboule notre quotidien et surtout parce que les routes qui mènent aux parcs ne sont pas des freeway de 5 voies où l’on peut rouler à 75 mph ! De plus, sur le temps de trajet théorique donné il faut au moins rajouter une demi heure car d’une part, le paysage est tellement magnifique qu’on ne peut s’empêcher de faire des arrêts photos et d’autre part, si on a le malheur d’avoir un camion devant soi, on se le coltine pendant des miles car les routes sont très sinueuses avec une visibilité très limitée et les lignes médianes sont souvent continues !
Ce conseil s’applique aux parcs situés en montagne et non au désert comme Death Valley par exemple, où l’on peut tracer pendant 1h sans croiser une voiture et où la route est désespérément droite jusqu’à l’infini !!

Deuxième conseil : 1 journée, c’est court ! Même en se levant tôt, on repérait pour chaque parc, 3 à 4 trails en se basant sur les temps de marche donnés dans les guides ou sur le (très bon) site des parcs nationaux (www.nps.gov). Systématiquement, on a dû oublier au moins 1 marche car soit la journée passait trop vite et le jour commençait déjà à décliner, soit il fallait penser au trajet retour, ou alors on était tout simplement claqué.
L’éventail de circuits disponibles est super large et on a l’embarras du choix. La sélection s’avère même difficile car souvent les meilleurs sentiers sont aux 2 extrêmes du parc et 1 seule journée ne permet pas d’envisager les 2 ! Les niveaux de difficultés sont clairement indiqués et si certains sont très faciles, voire goudronnés pour permettre l’accès aux fauteuils roulants, la difficulté « moderate » comporte des passages assez sportifs avec de bonnes montées et plein de gros cailloux sur le parcours ! Mais les infrastructures sont toujours au top avec d’énormes parkings et des shuttles qui nous amènent à chaque départ de sentier ou highlights du parc.

Troisième conseil : réservez à l’avance ! Si vous comptez dormir dans un lodge ou si vous voulez faire du camping à l’intérieur du parc, il faut s’y prendre à l’avance, l’un comme l’autre est souvent complet car limité en capacité. C’est pourtant la meilleure solution pour commencer très tôt la découverte d’un parc national.
Evidemment, les prix des nuitées dans les lodges sont assez élevés et on trouve bien moins cher en-dehors des frontières des parcs. Sur les routes menant à l’entrée foisonnent les motels pas toujours fringants et généralement invisibles des sites comme Booking ou Trip Advisor pour avoir un aperçu du confort proposé…
Le tarif d’entrée dans un parc coûte entre 20 et 25$, donc à partir de 4, il vaut mieux prendre le pass America the Beautiful à 80$ qui donne accès à quasiment tous les parcs américains pendant 1 an. Attention, même si vous ne souhaitez pas visiter un parc, certaines routes passent obligatoirement par un territoire protégé (Valley of Fire par exemple) et il faut s’acquitter de l’entrée. Autre exemple : la Vallée de la Mort qu’on ne visite principalement qu’en voiture exige tout de même un droit d’entrée “volontaire“, sans contrôle à l’entrée mais juste une borne où il faut s’acquitter d’un ticket.
Renseignez-vous sur les disponibilités des excursions guidées car certaines, comme Crystal Cove dans le Sequoia NP, sont totalement bookées et il est impossible en saison d’avoir un ticket pour le jour même.
Toutes les autres infos sur le site NPS.

Quatrième conseil : partez avec le plein ! Le plein d’eau et surtout le plein d’essence car les rares stations services implantées dans les parcs pratiquent des prix exorbitants. Le record a été vu à Death Valley avec le gallon à 5,22$ contre en moy. 3,30$ en-dehors !! Idem avec la bouteille d’eau achetée 4$ contre généralement 1$ dans n’importe quel 7-Eleven des Etats-Unis !!! On trouve des fontaines à eau à chaque départ de sentier. Hormis la Vallée de la Mort, les prix de la bouffe sont encore assez corrects dans les autres parcs nationaux mais le choix peut être très limité et il est parfois difficile de trouver des ingrédients pour se confectionner ses propres casse-croutes. Sinon des snacks sont disponibles près des visitor center.


Yosemite

En partant de San Francisco, on a fait la route jusqu’à Mariposa en passant par les “petites“ routes en un peu plus de 3h de trajet. L’hébergement y est bien moins cher (env. 90$ pour un très bon motel) qu’à l’intérieur du Yosemite. De Mariposa, il y a encore 1h de route jusqu’au parking du visitor center en longeant la rivière Merced sur la bucolique route d’El Portal.
Les principales attractions du Yosemite sont le Half Dome (2693 m), le Sentinel Dome (2476 m) et les Yosemite Falls. Les 2 premiers sont visibles de la vallée mais pour arriver au sommet il faut être un marcheur aguerri car les trails font plus de 20 km avec des dénivelés positifs supérieurs à 1500 m !





En arrivant, on emprunte une partie du Valley Loop Trail (10,5 km) pour faire quelques photos aux abords de Merced River avant de se lancer sur le très accessible Lower Yosemite Fall Trail (1,6 km). On est super déçu de ne pas voir les fameuses chutes parmi les plus hautes des Etats-Unis (740m) car en été, il n’y a plus d’eau !!!! Alimenté par la fonte des neiges de la Sierra Nevada lorsque le printemps arrive, Yosemite Creek est totalement à sec en été !
On oublie notre déception en prenant un peu de hauteur, suivant le début du Yosemite Falls Trail (3,2 à 11,6 km) jusqu’à Columbia Rock qui offre un point de vue magnifique sur la vallée et le Half Dome.




1000 photos plus tard, on redescend pour prendre la navette jusqu’à l’autre bout de la vallée, et finir notre exploration avec le petit tracé du Mirror Lake Loop (3,2 km). Tout comme les chutes, le « lake » est à sec, donc pas vraiment « mirror » et on ne peut s’empêcher d’être un poil déçu ! Même si elles ne se reflètent pas à la surface de l’eau, les falaises rocailleuses qui nous entourent reste fascinantes.
Près des parkings et le long des sentiers, on trouve quelques pièges à ours mais on n’a pas encore eu le “plaisir“ d’en apercevoir…




Pour les non sportifs, le Yosemite offre de très beaux points de vue accessibles en voiture avec des parkings régulièrement aménagés dans la vallée ainsi que sur la route qui mène Wawona, l’autre entrée du parc. A quelques km de son embranchement se trouve le plus fantastique panorama appelé Tunnel View en raison des montagnes qui entourent la vallée remplie de conifères.
En continuant sur Wawona Road, on aperçoit un ours qui traverse juste devant notre capot. Malgré la GoPro ventousée sur le pare-brise, on est tellement estomaqué par cette apparition qu’on regarde passer la grosse peluche sans même penser à allumer la caméra ! On poursuit notre chemin jusqu’à Fresno qui est à 2h.


Sequoia & Kings Canyon

De Fresno, il y a environ 2h de route à travers Kings Canyon jusqu'au Lodgepole Visitor Center où une septuagénaire passionnée nous renseigne dans un Français quasi parfait. C’est rare d’avoir des infos dans notre langue mais la fréquentation importante des Canadiens dans les parcs doit pousser les visitor center à embaucher des guides francophones. C’est là qu’on apprend qu’on ne pourra pas visiter Crystal Cave, la grotte la plus célèbre du parc car toutes les visites guidées (obligatoires) sont complètes depuis la veille !



On file vers le Sherman Tree Parking qui mène à la  principale attraction du parc, le General Sherman Tree, un séquoia géant de 84m de haut, 31m de circonférence, âgé d’environ 2200 ans. Ce n’est pas le plus grand au monde (115m pour l’Hyperion en Californie du nord) mais il remporte les titres de l’arbre le plus lourd (1256 tonnes, soit 4 Airbus A380) et le plus volumineux (1487 m3).
Outre le tracé très fréquenté qui fait le tour du General Sherman, il ne faut pas aller très loin pour se retrouver seul au milieu des sequoias géants. Grâce à la carte achetée à notre arrivée, on fait un mix de 2 parcours (Congress & Alta Trails) nous promenant autour des principaux arbres qui ont été baptisés (President Tree, Senate Group, Washington Tree…) par les rangers en raison de leur taille, de leur forme ou de leur âge.



Beaucoup d’arbres portent les stigmates des incendies de forêt dont certains très anciens qui ont pu être daté en analysant les stries des troncs.




Une rencontre inoubliable
On marche pendant 3h avant de revenir tranquillement vers le parking et c’est là, à moins de 500m de la jonction de McKinley Tree qu’Adèle la première aperçoit un ours sur le chemin ! J’étais en arrière, m’attardant à prendre quelques clichés du Lincoln Tree et je la vois rebrousser chemin, distinguant clairement l’affolement sur son visage. « Chouchou, y a un ours devant, faut qu’on trouve un autre chemin ». Au lieu de l’écouter, je file évidemment vers la bestiole en prenant soin de changer mon grand angle contre un téléobjectif car je tiens à garder mes distances. “Nounours“ est juste devant un énorme arbre couché sur le sentier qui a été taillé, formant un tunnel pour permettre son passage. Je ne me sens pas vraiment en danger et m’approche pour avoir un meilleur angle. La bête relève de temps en temps sa tête pour surveiller le couple de marcheurs qui évoluaient au-dessus de nous sur un sentier parallèle ainsi qu’un autre “photographe“ qui a également pris position en contre bas sur le sommet de l’arbre couché.


L’ours finit de dépiauter ce qui ressemble à une pomme de pin allongée et descend la colline, longeant l’arbre en direction de l’autre “photographe“. Je m’approche jusque devant le passage dans le sequoia abattu et l’œil braqué dans le viseur de mon réflex, je ne me rends pas compte de la distance avec la bête qui est désormais à moins d'une dizaine de mètres. A travers la fenêtre de mon appareil je vois l’ours qui relève la tête dans ma direction, il me fixe, émet un horrible grognement et commence à charger vers moi !! Je hurle « NOONNN » (comme si c’était le bichon maltais de mes parents !!), lâche mon appareil et commence à prendre la fuite à travers le passage découpé dans l’arbre !! Je cours 30 mètres avant de regarder derrière moi et constater qu’heureusement la bestiole ne me suit pas. Adèle en panique et passablement énervée observe la scène de loin et je me réfugie sur l’arbre couché en rejoignant l’autre “photographe“. Pensant être à l’abri à environ 3m de hauteur, nous continuons d’observer et shooter l’animal. Entre temps, le couple descendait de leur chemin pour se rapprocher de la position où j’avais pris mes jambes à mon cou. L’ours fit exactement la même manœuvre d’intimidation qu’avec moi en fonçant vers eux sur 2m, agitant sa grosse patte pleine de griffes avant de stopper constatant la retraite immédiate des curieux ! 
Du haut de mon perchoir je continue à observer MON premier ours sauvage, pensant avoir trouvé l’abri parfait. C’est à ce moment que la bête s’agrippe au flanc de l’arbre et grimpe avec une facilité déconcertante au sommet de l’énorme tronc pour se retrouver 10m droit devant et progressant vers nous !! Même si on est totalement sur le c** de cette performance, l’ami photographe et moi-même commençons à détaler sur l’arbre avant de sauter chacun de son côté, me foulant la cheville à la réception et filant vers la position d’Adèle. La peur sur son visage et la douleur qui commence à envahir ma jambe me font comprendre qu’il est temps de laisser tranquille la faune de ces bois ! Sûrement lassé d’être importuné, l’ours continue son chemin et s’enfonce dans la forêt.
Tout comme les lionnes au parc Kruger ou les alligators dans les Everglades, cette rencontre avec un ours restera un très grand moment. On a tous vu ces animaux sauvages derrière les vitres ou les grilles d’un zoo mais les voir évoluer en liberté dans leur milieu naturel est une expérience unique et magique que je conseille vivement.

Au visitor center, les rangers distribuent un tract avec quelques conseils notamment sur la rencontre avec un ours. Pour info, il faut exactement faire l’inverse du comportement qu’on a tous eu face à cette bestiole, autrement dit, il ne faut pas fuir mais au contraire “faire peur“ à l’ours en faisant du bruit et lui jeter des pierres !!!! C’est bien beau sur le papier, mais ton instinct te dicte plutôt de battre le temps d’Usain Bolt sur 100m et sur le chemin où nous étions, mis à part des vieux morceaux d’écorces, je n’ai pas trouvé beaucoup de cailloux. De toute façon, je n’avais pas très envie de jouer les Thierry la Fronde avec “nounours“ !





Remis de nos émotions, on reprend la route en lacets qui mène vers le sud, jusqu’à Moro Rock (2050m). Du parking, un trail de seulement 500m de long mais tout de même 91m de dénivelé, mène au sommet de l’énorme rocher granitique et offre un panorama exceptionnel à 360°. Du haut du dôme, on surplombe Giant Forest et on dispose d’une vue de toute la moitié ouest du parc.

Après quelques vidéos de ce lieu unique, on reprend la voiture pour tracer durant près de 3h jusqu’à Bakersfield où l’on fait étape pour la nuit avant de rejoindre Las Vegas (4h).



1 commentaire:

  1. Niiiice!!! (comme d'hab.)

    Héhé! Vous ressemblez à des hobbits dans ce décors! :oD

    La prochaine fois, apporte un peu de miel, tu pourras prendre des photos d'ours sans téléobjectif. ...Ah oui, un dernier conseil, prends aussi des bonnes baskets et une bonne assurance!!!

    Next level: Alaska et ses grizzlis. Un petit poisson d'avril avec un saumon dans le dos d'Adèle et le tour est joué! ;oD
    Adèèèèle, reviens c'était pour rire!!! Allez ça ferait quand même une belle photo non?!

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