Le nombril du monde… pour les Incas


Cuzco, 12-14/7.
Autrefois la plus importante cité de l’empire Inca, Cuzco est aujourd’hui une capitale ultra-touristique qui surfe sur son passé et son patrimoine archéologique, certainement le plus riche de toute l’Amérique du Sud. C’est à 3326 m d’altitude que se retrouvent tous les touristes venus au Pérou, attendant d’organiser leur visite de l’incontournable Machu Picchu ! D’ailleurs, le nom de Cuzco (ou Cusco) provient de qosq’o en langue quechua qui signifie « nombril du monde » !!


Pour y arriver, on choisit la route et la compagnie Cruz del Sur qui possède les plus beaux et les plus confortables bus dans lesquels il nous a été donné de voyager depuis le début de notre périple. Les sièges sont larges, s’inclinent à 160° et disposent d’une TV privative pour regarder le film de son choix, bref comme dans un avion en business classe. Le seul bémol concerne le plateau repas qui est loin de donner envie et auquel on a préféré nos noodles puisque de l’eau chaude est disponible. De Nazca, le voyage dure 14h30 (21h30 depuis Lima) mais comme il est effectué de nuit, on ne le sent pas passer sauf si vous avez un effroyable ronfleur derrière vous et que le passager de devant descend à tel point son siège que vous avez l’impression qu’il pionce sur vos genoux !! Un effort de savoir-vivre et de compréhension est donc de rigueur mais en général bien perçu et une paire de boules Quies peut limiter la gêne auditive… Pour le retour sur Lima, je choisirai mieux nos sièges au moment de la réservation, en prenant les deux premiers immédiatement derrière le pare-brise au second étage. Un conseil : encore plus que dans les avions, évitez les places près des toilettes dont la porte claque dans un vacarme impossible à chaque ouverture/fermeture !

Avec les milliers de visiteurs dans les ruelles pavées et sur la Plaza de Armas, on a l’impression d’être dans un énorme village-vacances, à la limite du parc d’attractions avec ses décors de cartons pâtes ! Sauf qu’ici tout est authentique et si les murs et les pavés pouvaient parler, ils nous raconteraient de bien belles et fantastiques histoires. Bref, le charme opère et on se sent bien à arpenter les rues même si celles-ci sont parfois extrêmement raides et qu’il est fréquent d’arriver totalement essoufflé au sommet ; n’oublions pas que nous sommes à plus de 3000 m d’altitude…

Le temps est splendide, il fait très chaud, du moins le jour, et concernant le dress code, il y a 2 écoles. La première ; l’anglo-saxonne avec essentiellement des Américains et des Australiens rejoints par les Néerlandais, s’exhibant comme s’ils revenaient de la plage, en short, débardeur et tongs. La deuxième, l’européenne, est plus technique avec un défilé de vêtements et de chaussures de marche dont je ne saurai départager Columbia et The North Face en terme de part de marché. De cette étude menée “très sérieusement“ sur la terrasse d’un café, nous remarquerons que les Allemands et curieusement les Chinois préfèrent Jack Wolfskin. Au moins et une fois n’est pas coutume, nous nous fondons dans le paysage avec notre garde-robe !!


Voici quelques photos pour illustrer notre découverte de la ville.

De notre hôtel, on a une magnifique vue sur la cité et je ne manque pas une occasion de monter sur le rooftop, le matin ou la nuit, pour prendre quelques clichés. Sur la large Plaza de Armas flottent le drapeau du Pérou ainsi qu’un étendard arc-en-ciel qui ne doit pas être confondu avec l’emblème gay mais qui représente les Quatre Directions de l’Empire Inca !!





La ville n’est pas avare en églises construites à l’aide des pierres des sites incas voisins, avec rien que sur la place : la Catedral (1559), l’Iglesia del Triunfo (1536), l’Iglesia de Jesús Maria (1733) et l’Iglesia de la Compañia de Jesús (1571). Aussi splendides soient-elles, le premier scandale au sujet de ces églises consiste à faire payer l’entrée et le deuxième, à interdire toutes photos avec ou sans flash. Déjà à Lima, il fallait s’acquitter d’un ticket pour la cathédrale mais au moins on n’avait pas la frustration de ne revenir avec aucun souvenir…







A 25 soles l’entrée, soit 6€ (incluant Triunfo et Jesús Maria), on ne fait que la Catedral qui est vraiment magnifique avec ses murs intérieurs qui exposent une large collection d’art colonial. On reste en admiration devant le travail de sculpture du bois de l’autel originel (caché derrière l’actuel, en argent) ainsi que du chœur datant du XVIIe siècle. De chaque côté de la nef, on trouve de petites chapelles richement décorées d’or ou d’argent. Sans s’en apercevoir, on y reste près d’1h avant de décider de boycotter les autres monuments religieux…



A Cuzco, il y a beaucoup de cours intérieures où sont présents des artisans locaux venus vendre leur production soit disant “homemade“. Je suis obligé d’être sceptique car on retrouve souvent les mêmes produits sur plusieurs stands ou dans différents endroits de la ville et le synthétique remplace souvent la laine d’alpaga…
Mais le Mercado Municipal vaut le détour, on a envie de tout acheter et de s’habiller de toutes ces couleurs pétantes y compris l’incontournable bonnet (avec un modèle pour Barbie) et même la flûte de pan dont je cherche, suspicieux, l’autocollant made in China !!! On y trouve également d’excellents jus de fruits frais pressés à la demande sans oublier le reste de l’alimentation car le marché n’est pas que là pour les touristes…




Pour explorer les environs et malgré nos plus vives réticences, on opte pour un tour “organisé“ ; le tarif proposé défiant toute concurrence des autres moyens de transport, cela nous permet de voir les principaux sites qui nous intéressent avec en prime les explications d’un guide local.

Le Temple du Soleil ou Qorikancha n’a été découvert que dans les années 50 suite à un séisme qui endommagea le Covento Santo Domingo, construit sur ses fondations. Ce fut à l’époque le temple le plus riche de tout l’Empire Inca dont les murs étaient recouverts à leur sommet de 700 feuilles d’or pesant chacune 2 kg ! Toutes ces richesses ont été pillées par les conquistadors avant qu’ils ne détruisent le temple pour édifier le couvent. Notre guide insistera sur le fait que tous les temples incas ont été soit disant détruits afin de détourner les Incas de ce que les espagnols prenaient pour des dieux. La conversion au catholicisme n’a été qu’un prétexte pour récupérer l’or et le fondre…



Il est très difficile de s’imaginer la splendeur de ces lieux à l’époque avec les quelques murs qui restent impeccablement debout comme s’ils avaient été édifiés hier mais en visionnant la maquette en bois, on peut déjà en avoir un aperçu.

A l’intérieur, on découvre une  peinture décrivant le système des Ceques composées de 41 lignes imaginaires reliant le Qorikancha à 328 huacas (= temples) permettant l’organisation et le contrôle du vaste empire Inca.

Tout comme la religion, l’astrologie avait une importance capitale pour les Incas. Les Andes constituent un observatoire exceptionnel des étoiles et notamment de la Voie Lactée. Les Incas avaient appris à reconnaître les ensembles de nuages de poussières interstellaires et leur ont donné des noms comme le lama, le serpent, le crapaud, le renard ou le pasteur.



Surplombant la ville, on peut visiter l’ensemble de ruines de Sacsayhuamán. Il ne reste qu’environ 20% du site d’origine, essentiellement les remparts construits en zigzag car à nouveau, les Espagnols ont largement utilisé les pierres pour construire leurs églises ou demeures. Cette fortification qui avait des fonctions militaires et religieuses faillit voir la victoire des Incas sur les conquistadors en 1536, lorsque Manco Inca parvint à ravir les lieux à Juan Pizarro au prix de lourdes pertes. Malheureusement l’Espagnol réussit à retourner la situation avec seulement 50 cavaliers lors d’une attaque épique…



La topographie de la ville de Cuzco représente un puma dont Sacsayhuamán représente la tête et les 22 murs en zigzag symbolisent les dents… tout un symbole !! Il existait 3 tours au sommet dont une de 22 m de diamètre mais il n’en reste que les fondations. De l’autre côté du vaste terrain de manœuvres, on aperçoit une curieuse formation géologique, autrefois sacrée, dont les reliefs curvilignes font penser à un énorme… toboggan !!





En m'attendant Adèle, armée de son compact, libère sa créativité :







Mon petit plaisir perso en N&B :



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