Voir les chutes, ok mais de quel côté ?



Foz do Iguaçu, Puerto Iguazu, 21-24/5.
Prendre l’avion pour aller aux chutes d’Iguaçu ? Trop rapide. Le train ? Très peu de lignes au Brésil et pas très fiable. Et comme on a le temps, va pour le bus ! En prenant notre billet, on nous annonce un trajet de……… 22h !! Sauf que pour moi, un bus qui part à 13h30 et qui arrive le lendemain à 12h30, ça fait déjà 23h !!! Au final, il mettra encore une heure supplémentaire et on aura donc passé 24h dans un autocar “semi cama“ équipé de sièges largement inclinables avec beaucoup plus de place aux jambes que dans un avion. Entre deux films avec Jason Statham, on fera la connaissance de Léo, un jeune Parisien venu découvrir le Brésil et assister notamment à 4 matchs de la Coupe du Monde.


Le trajet passe assez vite et excepté le froid “polaire“ soufflé par la clim’ au-dessus de nos têtes, le voyage se révèle assez agréable. De Rio à Sao Paulo, on profite d’une très belle journée pour revoir les mêmes paysages qu’à l’aller, 5 jours auparavant. Après Sampa, on sent bien qu’on arrive dans la campagne, l’autoroute disparaît, les villes sont plus petites et plus dispersées.




En arrivant à Foz do Iguaçu, Léo nous avoue qu’il n’a pas encore trouvé d’hébergement pour le soir. On lui propose de voir la dispo d’un lit avec le gars de notre auberge de jeunesse qui nous attend au terminal des bus longues distances. L’affaire est pliée en 30 secondes et c’et ainsi qu’on débarque vers 14h tous les trois au Klein Hostel. Après cette nuit dans le bus avec un sommeil entrecoupé par les différents arrêts, Adèle et moi avions prévu de faire une petite sieste. Mais en faisant le check-in, on fait la connaissance d’Emeric un jeune Stéphanois déjà là depuis 2 jours. La discussion se poursuit au bar de l’auberge de jeunesse, agrémentée de quelques Antartica (bière brésilienne) et de caipirinha (encore). L’après-midi passe sans qu’on s’en rende compte, nous, oubliant notre sieste et Emeric remettant au lendemain son passage du côté Argentin !! Le soir venu, la joyeuse bande se met en quête d’un resto et l’hostel nous conseille la Churasscaria do Gaucho au centre ville, toujours sur le même principe de service à volonté avec un serveur toutes les 2 minutes qui nous propose la variété de “barbac“ qu’il a récupéré du brasero. La viande n’est pas à tomber par terre mais le buffet est correct (sauf les frites) tout comme l’addition qu’on s’attendait à voir beaucoup plus lourde compte tenu de ce haut lieu touristique. La soirée se finit au bar de l’auberge avant un bon gros “dodo“ car le lendemain c’est le grand jour, tellement attendu…

On part de l’auberge avec tous nos sacs car nous avons prévu de passer la frontière vers l’Argentine après avoir visité le côté brésilien des chutes. Il commence justement à pleuvoir (on n’avait pas encore essayé les housses de pluies de nos backpacks !!) et c’est au pas de course qu’on rejoint l’arrêt de bus le plus proche. De là on prend un bus jusqu’au terminal puis un autre jusqu’à l’entrée du Parque Nacional do Iguaçu. Le temps de payer les entrées et de laisser nos bardas à la consigne, on attrape un nouveau bus, à deux étages et beaucoup plus récent, qu’on abandonnera au 3ème arrêt, celui du Trilha das Cataratas, autrement dit le chemin des chutes. Ce trail ne fait que 1200 m mais vu qu’on s’arrête tous les 100 m pour faire 1000 photos, on met facilement plus d’1h pour le parcourir !!


Les chutes se dévoilent en face de nous au fur et à mesure de notre progression. Le spectacle est tout simplement GRANDIOSE !!! Tout d’abord on ne sait où regarder tellement le spectacle qu’offre Mère Nature vous saute au visage. Il y a des chutes partout (275 au total), d’une largeur incroyable (3 km) comme une baignoire qui serait en train de déborder. De plus, elles ne se jettent pas toutes directement dans le rio 80 m plus bas mais la plupart ont des paliers où l’eau redevient plus calme avant de retomber de plus belle d’une hauteur encore plus vertigineuse. Et quel boucan d’enfer, avec Adèle, il est difficile d’échanger nos impressions sans hurler !!





Plus on avance, plus on se rapproche des chutes et plus leurs torrents semblent puissants, générant une bruine qui rend l’atmosphère encore plus mystérieuse, envoûtante……… et humide ! Le vacarme quant à lui est de plus en plus fort et de l’écume est de plus en plus présente dont le blanc tranche nettement avec les eaux fauves du rio. Il y a 2 aéroports de chaque côté de la frontière et bien qu’on voit les avions atterrir et décoller au-dessus des gorges, il est impossible de percevoir le bruit des réacteurs, largement couvert par celui des chutes.

Le sentier s’achève à la Garganta do Diablo et là c’est tout simplement l’apothéose !! Une passerelle passe au-dessus des eaux calmes d’un “palier“ entre deux chutes et nous amène au plus près de la gorge du diable formant un “U“, à mi-hauteur des torrents furieux qui se déversent de tous les côtés ! Le tableau est HA-LLU-CI-NANT et on reste hypnotisé par le show !! Enfin pas trop longtemps quand même car 5 minutes sur la passerelle suffisent à nous tremper jusqu’aux os, surtout nos pantalons dont l’imperméabilité n’est plus celle des débuts, après 7 mois de lavage… 

Je me dépêche de prendre le plus de clichés possibles avec le reflex qui malgré son boîtier “tropicalisé“ ne résistera pas longtemps au crachin incessant. Je ne peux le garder à la main que le temps de faire l’aller sur la passerelle avant de le planquer sous mon coupe-vent. Pour le retour je sors la GoPro et Adèle continue à user de ses modes créatifs avec son compact étanche. Mais l’un comme l’autre ont vite leur lentille saturée de grosses gouttes qui rendent les photos encore plus fantomatiques.





On approche de l’ascenseur panoramique qui nous ramène en haut des chutes mais juste avant, une dernière terrasse nous offre la position la plus rapprochée. Une fois au sommet, on en profite pour essuyer les appareils photos et refaire une série de clichés au sec !


Pour la pause déjeuner, il faut veiller aux coatis qui rôdent autour des tables car sous leurs airs débonnaires et amusants, ils ont vite fait de fouiller les sacs à dos avec leur long museau ou de carrément chiper sur la table les biscuits du couple d’Allemands hilares juste à côté de nous !! D’en haut le rio semble calme et on ne soupçonne jamais qu’il peut se transformer en furie quelques mètres plus loin…



Le ventre plein, on se remet de nos émotions et on rejoint l’entrée du parc. Une fois les sacs récupérés à la consigne, on grimpe dans le bus qui nous lâche quelques km plus loin à l’intersection de la route du poste frontière vers l’Argentine. On passe le bureau des douanes brésiliennes “à pied“ avant d’attendre un nouveau bus pour Puerto Iguazu qui, à peine le rio traversé, fait débarquer tous ses passagers pour passer le poste de contrôle argentin. Toujours chargés comme des mulets, on traverse en file indienne un long couloir où se succèdent de vieux comptoirs derrière lesquels s’affairent les douaniers. Le passage est si réduit qu’avec mon gros sac sur le dos, j’empêche les gens de circuler, le temps d’obtenir le tampon sur mon passeport ! Entre temps, le chauffeur et son bus auront franchi la barrière et nous remontons à bord jusqu’à notre destination finale, le terminus de Puerto Iguazu.

Pour le côté argentin, je ne vais pas vous décrire à nouveau notre enchantement de (re)découvrir ces chutes mais le spectacle est tout aussi fascinant que la veille. Au Brésil et excepté la dernière partie du parcours, on admirait les chutes d’en face et donc de loin. En Argentine, l’expérience est plus immersive avec davantage de proximité soit en amont grâce au Circuito Superior, soit en aval avec le Circuito Inferior. Au bas de ce dernier, on peut traverser la rivière au moyen d’un bateau jusqu’à l’Isla San Martin qui dispose d’une plateforme accrochée à la falaise juste devant l’une des chutes. Malheureusement pour nous, le niveau d’eau étant trop faible, les traversées furent suspendues avant que nous puissions monter à bord ! Curieusement, l’excursion payante en bateau était toujours disponible…


  







On a gardé le meilleur pour la fin avec un petit train qui traverse la jungle pour déposer ses passagers à 1200 m de la Garganta do Diablo qu’on rejoint au moyen de passerelles qui surplombent les différents cours d’eau avant qu’ils ne se jettent dans le vide. On y croise quelques spécimens de la faune locale (oiseaux, papillons, caymans…). Au bout du chemin, une terrasse nous place juste au-dessus de la gorge du diable et il est à nouveau difficile de ne pas être époustouflé par les litres d’eau qui se déversent devant nos yeux (1500 m3/s en moy.).







A la question « quel côté avons-nous préféré ? », nous répondons « les 2, mon général » car ils offrent des points de vue différents et sont totalement complémentaires pour vivre pleinement l’expérience sur ces sites exceptionnels classés tous deux au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une demi-journée suffit amplement pour le côté brésilien mais vaut mieux prévoir une journée complète pour le côté argentin surtout si vous souhaitez faire quelques activités sur place (bateau, hiking, safari…).


Avec tout ça, on en oublierait presque que nous sommes désormais en Argentine et que nous débutons un périple très attendu dans ce pays aux richesses multiples et variées, à suivre…


Bonus :
Comme je suis un grand fan des photos en N&B, voilà une (toute) petite sélection :






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